Dépendance affective

NOËL - LES FÊTES DE BUREAU : QUAND ÇA TOURNE MAL !

 

Rions un peu !

 

La fin de l’année annonce les fêtes de bureau : l’entreprise offre une soirée ou un repas le midi à ses employés, à l’occasion de Noël. C’est parfois un bon moyen de mieux faire connaissance avec certains membres de l’équipe, autour d’un bon verre, accompagné d’un bon buffet. Normalement, tout le monde devrait s’amuser et profiter de ce bon moment, avec rires et chansons, la bonne humeur au rendez-vous. J’imagine que vous serez d’accord avec moi : vous êtes sensé vous tenir correctement à table et boire modérément, vos patrons et supérieurs ou encore employés étant tous réunis : on vous observe… Mais ce ne sont pas les témoignages que j’entends autour de moi ! Plusieurs  m’ont fait pleurer de rire et je souhaite vous les faire partager, en cette fin d’année.

 

Certaines fêtes de bureau se passent très bien, tout le monde restant ‘socialement correct’, mais parfois, ça tourne au gag ! Enfin, c’est drôle pour ceux qui liront ma chronique, peut-être moins drôle pour ceux qui se reconnaîtront… Tout d’abord, et je m’adresse aux organisateurs de ce genre de soirée : il faut savoir que si l’alcool est gratuit et coule à flots, vous risquez de voir votre événement dégénérer. En revanche, si chacun paie ses consommations, la tendance est plus à la modération. C’est mon ami et voisin, Jean-Claude Coulombe, du gîte Plume & Café (http://pascalepiquet.com/gite-plume-et-cafe.php ) qui m’a expliqué cette différence, qui est pleine de bon sens ! Prenons le cas de la soirée où l’alcool est offert par l’entreprise : les vannes de la névrose sont ouvertes ! On assiste à des scènes que l’on pourrait considérer comme désopilantes, hilarantes, mais finalement, pour celui ou celle qui se tient mal ou qui ne se tient plus du tout, c’est plutôt humiliant, le lendemain… Car les commérages vont bon train, en tout cas pour ceux qui se souviennent de la soirée. Pour d’autres, elle restera un black out complet, aucun souvenir  et, piteux, ils reviendront le lendemain au bureau, se demandant s’ils ont fini avec la cravate autour de la tête, grimpés sur une table, vendant la jarretière de la vieille fille la plus coincée du bureau, saoule elle aussi, et qui se sera livrée à un strip-tease débridé, pour faire monter les enchères !

 

Pourtant, la fête commence toujours guindée, chacun bien décidé à se montrer sous son meilleur aspect : effort vestimentaire, coiffures plus sophistiquées et  maquillage pour les dames. Ceux qui se connaissent comme glissant facilement dans les excès essaient de se surveiller, d’autres se ruent sur le buffet. Trop manger n’a jamais poussé quelqu’un à mal se tenir, sauf quand vous allez vomir dans les toilettes, accusant les amuse-gueules pas frais, plutôt que la quantité de vin absorbée en même temps. Bref, celui ou celle qui dévore n’est pas regardé(e) : on attend celui ou celle qui va trop boire… La fête se déroule et les rires commencent à fuser, chacun se détend, réchauffé par un verre ou deux, on discute, on plaisante. Puis les bouteilles d’alcool ont la faveur, plus que le buffet. On boit, on rit, on boit encore et le vernis craque tranquillement. La musique commence, quelques effrontés vont se lancer sur la piste, encore en équilibre, en entraînent d’autres, désinhibés par l’alcool. Ah tiens, la petite demoiselle de la comptabilité, si timide d’habitude, se livre à une danse lascive, sous le regard médusé de ses collègues masculins. Les hommes commencent à regarder les femmes et réciproquement, peut-être que c’est le moment d’avouer quelques sentiments ou parfois juste des désirs… La soirée continue…

 

L’alcool a délié les langues, plus personne n’est gêné, sauf ceux ou celles qui n’ont pas bu. Un homme s’approche de sa collègue et lui glisse à l’oreille : « Tu vois, il y a des belles filles ici, mais toi, tu es une belle femme », la voix dégoulinante d’un désir qu’il ne contient plus. Surprise, sa collègue lui répond : « Ferme les yeux », ce qu’il fait tout de suite, dans sa tête, ça va devenir croustillant (il la croit aussi éméchée et émoustillée que lui…), elle continue « Imagine ta femme (parce qu’il est marié, le bougre !), dans une fête comme celle-ci, en train de se faire draguer par un imbécile. Qu’est-ce que ça te ferait ?! ». Et l’autre de répondre, fâché, sans réfléchir : « Je n’aimerais pas ça ! ». Elle lui lance « Alors pourquoi tu le fais ?! ». Il tourne les talons et retourne au bar. Pas grave, celle-là lui a échappé, mais il a une liste complète de toutes les filles qui ne demandent que ça… à ce qu’il croit ! Il est le séducteur de la place et elles connaissent toutes son jeu : il court après elles en permanence. Faut qu’il essaie avec les nouvelles… Voyons, où sont-elles ?

 

Puis il y a celui qui ne tient plus debout, qui se livre à un rock effréné et finit à quatre pattes sur le sapin qu’il vient de renverser, incapable de se relever, les aiguilles de pin lui chatouillant les trous de nez. Soudain, comme ils ont organisé un Karaoké, alors  que la manager massacre une chanson de Céline Dion, son assistant lui arrache le micro en titubant et hurle une chanson des Rolling Stones, en faisant des moulinets avec son bras gauche, renversant tout ce qui se trouve à sa portée. Pour calmer le jeu, on diffuse un slow langoureux, qui permet à la directrice des relations humaines de happer le petit nouveau et de l’enlacer, alors que lui, tout gêné, ne sait plus où mettre les mains, ni les yeux, incapable de lui échapper : il a le nez coincé dans son décolleté opulent et vertigineux ! Éméchée,  elle se laisse aller et lui attrape les fesses, dans un geste compulsif et goulu, lui sursaute et ne sait plus comment s’en libérer, les yeux ronds, les sourcils en point d’interrogation, jetant des regards furtifs autour de lui, pour voir si quelqu’un est témoin de la scène : ils le sont tous, hilares, car ils savent qu’à chaque fête de Noël, la DRH boit trop et s’attaque à un p’tit nouveau ! Elle s’agrippe à lui, incapable de tenir debout, ce qui rapproche les corps et raidit encore plus le cavalier de la belle, surtout quand celle-ci lui glisse à l’oreille, d’une voix pâteuse : « Tu vas me ramener, j’ai trop bu… ».

 

Conducteur désigné, le p’tit nouveau regrette amèrement sa sobriété : s’il avait bu aussi, elle ne l’aurait pas choisi pour la ramener ! Ce qu’il ne sait pas encore, c’est qu’elle va lui mettre la main sur la cuisse pendant le trajet, qu’elle va lui dire « Ah, si j’avais ton âge, tu serais exactement mon style de gars », glissant vers son entrejambe avec insistance. Lui ne sachant plus comment s’en dépêtrer, insistera pour avoir les indications, afin de la reconduire chez elle. Affalée sur le siège, elle tombera vers lui et continuera à lui faire des avances, pendant que lui pensera à son mari qui doit l’attendre. Il se demandera comment la descendre de la voiture… Pourvu qu’elle habite une maison et non un appartement ! Il ne se verra pas la monter dans ses bras, sur plusieurs étages : ce serait tenter le diable ou plutôt la diablesse !

 

Plus la fête ou soirée avance, plus les participants sont saouls, titubent, rient, tombent les uns sur les autres, renversent tout ce qui tient encore debout. C’est le moment où ceux qui ont louché sur un(e) collègue pendant l’année osent maladroitement se déclarer. Certains couples disparaissent dans les bureaux de la direction (la moquette est moelleuse !), mariés ou non, ça ne fait plus de différence, les conjoints sont à la maison ! Un commercial, ivre mort, assis sur une chaise dort à poings fermés, pendant que les autres se mettent autour de lui, pour la photo de famille : ils lui ont mis un bonnet de Père Noël et des boules aux oreilles. Cheeeeeeese ! Le voilà immortalisé dans une position peu enviable, qui fera rire tout le bureau, jusqu’à l’année prochaine. Puis, il reste les femmes qui n’ont pas attiré l’attention des hommes, ivres aussi, dont la névrose dégouline sur la jupe trop courte et le décolleté plongeant et qui pourchassent chaque mâle encore disponible. Elles lancent des regards langoureux, brouillés par l’abus de boisson, s’accrochent au bras du premier qui passe, s’appuient sur son torse, veulent être touchées, embrassées, n’importe quoi, mais quelque chose ! Elles peuvent tomber sur un affamé qui profitera de leur faiblesse, dans les toilettes de l’étage d’en dessous, vite fait, bien fait : bonjour madame, au revoir madame ! Pas besoin d’être un dieu du sexe, elle ne se souviendra même pas de qui l’aura honorée, pense-t-il, satisfait, en refermant sa braguette. Elle reste pantelante, assise sur le sol glacé des toilettes, les sens brouillés : ce n’est pas cela qu’elle voulait. Ah ça non ! Elle aurait voulu qu’il l’écoute, qu’il la prenne dans ses bras, peut-être même qu’il la berce tendrement… Au lieu de ça, elle a plutôt été ‘secouée’ !

 

La salle est en désordre, certains sont rentrés chez eux, d’autres se sont endormis dans les toilettes, après avoir abondamment vomi sur les miroirs, créant des arcs-en-ciel de couleur et d’odeurs ! On en trouvera même un dormant comme un bébé sous son bureau et une autre sur la table de pique-nique dehors, à – 20 °, le plus fort étant qu’elle ne se sera même pas enrhumée ! Remarquez bien qu’elle aura bu assez d’antigel pour être capable d’hiberner. Bref, chacun s’est « lâché », tombant dans sa compulsion, alcool, sexe, bouffe, se comportant comme un gamin/une gamine sans éducation, n’ayant aucun état d’âme à étaler son état d’ébriété devant la direction, la DRH (tout aussi bourrée !) et les autres employés qui, d’ailleurs étaient dans le même état. Des couples se sont formés et d’autres déformés, des adultères auront été consommés, des estomacs à l’envers le lendemain matin et maux de tête à faire hurler : pas bon les mélanges, ni les mélanges d’alcool, ni les mélanges de corps, ni les mélanges de mauvais comportements. Des commentaires acides seront chuchotés, au bureau, le lendemain, chacun crachant sur la paille qui est dans l’œil du voisin, sans remarquer la poutre qui est dans le sien ! Le p’tit nouveau n’osera plus regarder la DRH en face, mais les autres le rassureront bien vite : elle a oubliée ! « Oui, répondra-t-il, d’accord, mais pas moi ! ». Ça fait bizarre, n’est-ce pas, d’être un homme-objet ?!

 

Bref, passez une belle fête de Noël avec votre bureau !

 

Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé n’est absolument pas fortuite : j’ai simplement recueilli divers témoignages et rassemblé les situations dans une même soirée !

 

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Article publié par:
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Pascale Piquet
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