Combien de fois avez-vous entendu : je n’ai pas eu le temps de te téléphoner, de faire l’épicerie, de pratiquer un peu de sport etc. …?
Le temps semble devenir aussi précieux que rare dans une société où l’on court après lui pour accomplir davantage encore.
Oubliant que la Vie est une capsule de temps, ce dernier se mesure en minute, heure, jour, semaine, mois et année, réglant ainsi notre vie au diapason du tic-tac de nos montres au détriment, parfois, du soleil et des étoiles. D’ailleurs, avez-vous déjà songé à ce que serait votre existence sans votre montre?
Si l’on mesurait le temps selon le nombre de respirations, la vie semblerait sûrement plus courte car quand on court, on respire plus vite…
Le temps défile souvent à une vitesse incroyable, un peu comme si on cherchait à le rattraper, un peu comme si on était son prisonnier? Est-ce nous qui portons une montre où la montre qui nous porte en elle?
Le temps, dit-on, c’est de l’argent. Cela signifie t’il que si l’on ne gagne pas d’argent, il n’a aucune valeur? Ou pire encore, qu’on n’a pas ou peu de valeur? Qu’on est rien ou presque?
Penser cela revient à dire que l’on se définit surtout par l’argent et non par ce que l’on est. Or, ce que l’on est diffère de ce que l’on fait car je ne suis pas ce que je fais tout comme je ne suis pas de l’argent. C’est mélangeant tout ça peut être. D’autant plus que ce que je fais contribue à faire ce que je suis. Mais que vaut le temps?
Il a pour valeur, semble t’il, ce que nous en faisons. Pourtant, plus on en fait, plus on court après lui, par insatisfaction. Et si sa véritable richesse se trouver au delà? C’est-à-dire dans la satisfaction ressentie au travers de ce laps de temps qui vient de s’écouler, de la manière dont on vient de le vivre.
Une de mes clientes me confiait qu’à ses yeux, prendre le temps de vivre sa vie, c’est merveilleux. Qu’est-ce que cela signifie pour vous?
Il existe le temps de la nature déterminé par le rythme des saisons, de notre environnement en fait. Et il y a aussi le rythme biologique, celui de notre organisme, notre horloge intérieur comme certains l’appelle. L’un et l’autre s’influencent. Si l’on se force et que l’on va à l’encontre de son propre rythme, on dérègle celui-ci et cela se répercute dans son environnement.
L’urbanisation, qui est un phénomène récent vient ainsi perturber notre rythme biologique et notre relation avec le temps via l’environnement.
Avez-vous remarqué que dans notre mode de vie contemporain, au lieu de prendre du repos en hiver, qui est la saison de l’année la plus exigeante pour l’organisme, on travaille, travaille et travaille encore et on se repose en été. Pourtant, l’été est la saison où l’on possède le plus d’énergie, celle qui est clémente avec le corps. C’est en hiver que l’on a le plus besoin de repos pour compenser le manque de luminosité et la rigueur du climat. Cette valeur du temps a considérablement changé, ne croyez-vous pas?
On peut aussi identifier une autre forme de temps, celui qui s’écoule dans notre esprit ou temps psychologique. Par exemple, deux personnes qui vont au cinéma regarder le même film vont avoir deux interprétations différentes. Pour l’une, le temps passe vite, pour l’autre, il sera interminable. Pourtant, il s’est écoulé la même durée, celle d’un film (je vous laisse deviner qui n’a pas aimé le film…). Cela revient un peu à dire que le temps existe surtout dans l’esprit humain, de l’interprétation qu’il en a.
Et comme le dit si bien Gustave Thibon : « La hâte rétrécit le pouvoir créateur du temps et dilate son pouvoir destructeur ».
Le temps est donc relié au mouvement car l’action s’inscrit dans une durée. S’il n’y a plus de temps, il n’y a pas de mouvement.
La valeur du temps serait donc définit par l’harmonie entre le rythme du corps humain et le rythme de la nature, la satisfaction de nos actions, des résultats qui en découle et l’interprétation de son écoulement. Une gestion du stress efficace s’appuie sur une perception adéquate du temps qui passe mais aussi de sa capacité à faire honneur à ses responsabilités en gardant présent à l’esprit que la vie apporte son lot d’imprévus et qu’un jour commence au levé du soleil et s’achève à son coucher ou si vous préférez, qu’il y a 24 heures par jour, ni plus ni moins. Plutôt que de lutter contre cette évidence, on peut apprendre à accepter que notre condition humaine ne nous permettra de réaliser dans une journée que ce qu’elle peut contenir de par sa durée limitée. Apprécions davantage la qualité de nos actions plutôt que leur quantité ou l’argent qu’on en retire car le bien-être ne relève pas tant de ce que nous avons mais de ce que nous sommes.
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